Le 27/09/2022 à 18h37, par Manfred
Vous êtes vous déjà demandé quel est le cri du blaireau ? Sachez qu’à ce jour, on n’en répertorie pas moins de 17. En effet, le blaireau est un animal particulièrement bavard. Il émet des sons bien précis en fonction de la situation dans laquelle il se trouve. Entre le ronronnement de la blairette pour s’adresser à son enfant, le pépiement que le blaireautin utilise pour le lui répondre, ou encore la stridulation du blaireau mâle en période de reproduction : on fait le point.
Le blaireau est un animal très loquace. C’est certainement la deuxième manière la plus efficace pour confirmer la présence à proximité, après inspection des crottes de blaireau. À tel point que l’on ne compte pas moins de 17 sons dans son répertoire vocal, tous associés à une situation précise ou un environnement particulier. Il en existe certainement d’autres que nous n’avons pas eu la chance d’observer, mais en attendant, voici la liste des différents cris du blaireau :
Faisons le point sur chacun d’entre eux.
La stridulation se fait entendre au moment de la période de reproduction du blaireau. Il s’agit d’un signal lancé par le mâle pour indiquer son excitation sexuelle envers sa femelle, la blairette. La stridulation, c’est en réalité une chanson composée de plusieurs notes choisies avec attention et réparties sur une durée relativement courte. Plus le son est intense, plus la femelle reçoit le signal que le blaireau mâle est un géniteur viable et en bonne condition physique.
Le ronronnement du blaireau ressemble fortement à la stridulation. Néanmoins, il est fondamentalement différent puisqu’il est généralement destiné à sa progéniture. En effet, en entend le ronronnement du blaireau ou de la blairette lorsqu’ils s’adressent à leur enfant, ou encore lorsqu’ils lui font la toilette. Le ronronnement est également utilisé pour appeler un blaireautin parti en exploration sans l’un de ses deux parents. Il sait alors qu’il est l’heure de rentrer au terrier.
Le sifflement du blaireau doit vous inquiéter. En effet, ce bruit particulier est destiné à intimider son destinataire. Il s’agit généralement d’un avertissement, voire d’une menace de sa part. En approchant un blaireau qui siffle, vous vous mettez en danger et allez potentiellement subir son attaque. Dans la nature, le sifflement est aussi un mécanisme de défense lors d’une rencontre peu aisée avec un adversaire de la même espèce ou même d’une autre.
Le roucoulement est l’un des sons les plus difficiles à percevoir. Il s’agit d’un appel isolé, particulièrement doux contrairement à la majorité des vocalises du blaireau. Le roucoulement du blaireau s’approche de celui de la tourterelle.
Si vous constatez un gémissement de blaireau, il est certain qu’un terrier n’est pas loin. En effet, le gémissement provient majoritairement des nouveau-nés. Ces derniers s’en servent pour indiquer leurs différents besoins. Il peut s’agir d’un cri d’alerte parce que les parents se sont absentés. Cela peut aussi vouloir signifier que les petits sont affamés. Dans d’autres situations, lorsque les cris sont stridents et plus rythmés, ils peuvent signaler un danger (longue absence de la mère par exemple).
Le grincement est utilisé par les blaireaux adultes lorsqu’ils ne se sentent pas en sécurité. Il peut s’agir d’une douleur, d’une frustration, d’une frayeur ou même d’un moment d’anxiété. Si vous constatez un grincement de blaireau, sachez que celui-ci est potentiellement en danger. Néanmoins, ce cri est aussi utilisé par la blairette lorsqu’un mâle lui fait du rentre-dedans à la limite du harcèlement. Enfin, on l’entend plus rarement chez les jeunes blaireaux quand ils se querellent entre eux, souvent au milieu d’une séance de jeux.
Le crissement est également utilisé quand le blaireau se sent en danger face à une menace réelle. Il s’agit d’un son unique, long et particulièrement strident. Ils sont produits par une seule et même expiration d’air. Néanmoins, si le combat devient sérieux on peut entendre les crissements devenir de plus en plus intenses et douleur à l’oreille.
Le grondement est le son le plus long du répertoire du blaireau. Il est aussi très différent de ses sons habituels qui ont tendance à être aigus. En effet, ce cri est reconnaissable à sa totalité grave et roulante. C’est une vocalise pleine et soutenue. On entend le plus souvent le grondement dans la bouche des blaireaux adultes. Il est utilisé dans deux cas distincts : pour avertir d’une menace ou pour faire fuir un blaireau non familier d’un territoire occupé. C’est notamment le cri que vous pourrez percevoir lorsqu’un blaireau s’approche de la proie entamée d’un autre blaireau. D’ailleurs, savez-vous ce que mange un blaireau ?
Lors du feulement, l’expulsion de l’air est contrôlée de façon à faire naître 3 phases distinctes. Le premier sert d’introduction, la deuxième correspond à l’apogée du feulement tandis que la dernière est simplement la fin de son élocution. Ces trois phases interviennent la bouche ouverte, au cours du même cri. Les feulements sont dérivés du grondement. Ils indiquent la présence d’un plus gros prédateur ou sont synonymes d’agression. Le feulement s’entend souvent en plein milieu d’un combat tandis que le grondement a tendance à prendre place avant le début de celui-ci.

Le glapissement est essentiellement utilisé par la blairette. Il peut s’agir d’un cri d’alerte avant et pendant l’accouplement pour signaler au blaireau de réfréner ses attaques (les morsures notamment). Également, elle utilise ce cri pour mettre en compétition plusieurs potentiels partenaires. Lorsqu’elle glapit, ils se réunissent et se battent pour elle. Elle les incite en quelques sortes à la rivalité de sorte à baser son choix sur la compétitivité du meilleur blaireau. Le glapissement est un son qui se produit en série et est la plupart du temps accompagné de feulements.
Le couic est basé sur le même modèle que le gémissement. Il est quasiment uniquement utilisé par les blaireautins de façon à prévenir la mère que son absence se fait longue pour les petits. Le couic est un son très aigu, répétitif, mais bref.
Le reniflement est plus qu’un son : il est accompagné d’un mouvement de recul en arrière avec hérissement des poils (que l’on appelle piloérection). Il s’agit d’un cri que le blaireau pousse lorsqu’il est pris par surprise, ou lorsqu’il souhaite surprendre un congénère. Le son est produit par une expulsion d’air par la gueule qui ressemble un peu au son qu’un chien flairait après une course effrénée.
Le gloussement est un son un peu particulier. Il est uniquement associé aux échanges et contacts rapprochés entre une mère et son enfant. Il ressemble tout particulièrement au gloussement que ferait un homme. On pourrait le découvrir comme étant un son emplumé, proche du caquetage du canard. Généralement, il est entendu lors des salutations ou des moments de toilettage partagés entre une blairette et son blaireautin.
L’aboiement est un cri qui appartient à plusieurs contextes. Dans un premier temps, il peut s’agir d’une situation dans laquelle un blaireau cherche à faire fuir une congère. Dans un deuxième temps, le son peut aussi être entendu dans la précipitation, lorsqu’un blaireau se fait prendre par surprise. Enfin, il est possible d’entendre une femelle aboyer si elle ressent de l’ennui pendant l’accouplement avec un blaireau.
Semblable à une cacophonie, ce cri illustre un ensemble de sons à très hautes intensités que peuvent pratiquer les blaireaux lors d’une querelle. Il peut s’agir d’une suite de glapissements, de stridulations, de grincements puis de crissements. Mis dans l’ordre de préférence du blaireau, le son intitulé querelle n’est rien d’autre qu’un mélange de ses cris.
Le grognement est un son que l’on entend le plus souvent dans la bouche de la blairette. En effet, elle peut se servir de ce cri pour indiquer à ses petits qu’il est l’heure de la toilette par exemple. Le grognement est un cri faible et bref, qui peut comprendre d’autres cris (le gloussement notamment).
Le pépiement est un son qui ne peut qu’être entendu que de la part des blaireautins. Il s’agit d’un cri aigu et doux, proche de celui des oisillons.
Vous connaissez désormais les 17 sons du blaireau. Pour avoir une chance de les observer dans leur espace naturel, il va falloir s’armer de patience et camper silencieusement en milieu sauvage toute une nuit, car rappelons-le, ces petits animaux sont froussards et nocturnes.